Ramonage et entretien du chauffage : locataire ou propriétaire, qui paie ?

Mis à jour le 5 octobre 2026 · Lecture 4 min

En location, le locataire doit faire ramoner les conduits et entretenir la chaudière, sauf si le bail prévoit autre chose. Le propriétaire garde le remplacement, les grosses réparations et le chauffage collectif.

L'essentiel

  • Pour un appareil individuel, l'entretien et le ramonage sont effectués à l'initiative de l'occupant, sauf stipulation contraire du bail (article R. 1331-21 du code de la santé publique, article R. 224-41-5 du code de l'environnement).
  • Selon Service-public.fr, le locataire doit faire ramoner les conduits et faire faire l'entretien annuel de la chaudière, sauf si le bail prévoit le contraire (décret n° 87-712 du 26 août 1987).
  • Les dommages dus à la vétusté sont à la charge du propriétaire, même si la réparation figure sur la liste des réparations locatives.
  • Pour un appareil collectif, l'initiative revient au propriétaire, au syndicat des copropriétaires ou à l'exploitant prévu par convention.

Qui paie le ramonage, le locataire ou le propriétaire ?

Le locataire, sauf clause contraire du bail. L'article R. 1331-21 du code de la santé publique pose la règle : dans le cas des foyers et appareils individuels, l'entretien et le ramonage sont effectués à l'initiative de l'occupant, sauf stipulation contraire du bail. Service-public.fr confirme, dans sa liste des réparations locatives issue du décret n° 87-712 du 26 août 1987, que le locataire doit faire ramoner les conduits d'évacuation des fumées et des gaz, que ce soit pour la chaudière, la cheminée ou la ventilation.

Initiative et paiement vont ensemble : celui qui commande la prestation la règle. Le propriétaire occupant se trouve naturellement dans la même position que le locataire, puisqu'il est l'occupant.

Qui paie l'entretien annuel de la chaudière ?

Le locataire aussi, par défaut. Le code de l'environnement dit la même chose que le code de la santé publique : lorsque le logement est équipé d'une chaudière individuelle, l'entretien est effectué à l'initiative de l'occupant, sauf stipulation contraire du bail (article R. 224-41-5). Service-public.fr rappelle que le locataire doit faire appel à un chauffagiste qualifié de son choix et que le bail peut prévoir que le bailleur fait appel à un chauffagiste de son choix.

Pour les chaudières collectives, l'entretien est effectué à l'initiative du propriétaire de l'immeuble ou du syndicat des copropriétaires.

Et pour un poêle, un insert, une cheminée ou une pompe à chaleur ?

L'occupant en a l'initiative, sauf clause du bail. La liste des réparations locatives de Service-public.fr cite, parmi les équipements indiqués dans le bail dont le locataire assure l'entretien et les petites réparations, la cheminée et la pompe à chaleur. L'entretien d'un système thermodynamique individuel est lui aussi effectué à l'initiative de l'occupant, sauf stipulation contraire du bail (article R. 224-44-1). Le tableau résume la répartition par défaut.

Prestation Qui en a l'initiative Qui paie par défaut
Ramonage d'un conduit individuel L'occupant L'occupant
Entretien d'un poêle ou d'un insert L'occupant L'occupant
Entretien annuel d'une chaudière individuelle L'occupant L'occupant
Entretien d'une pompe à chaleur individuelle L'occupant L'occupant
Remplacement d'un appareil usé, grosses réparations Le propriétaire Le propriétaire
Entretien d'un appareil collectif Propriétaire ou syndicat Propriétaire ou syndicat, avec récupération limitée sur le locataire

Tout cela vaut sauf stipulation contraire du bail : relisez le vôtre avant de commander.

Qu'est-ce qui reste à la charge du propriétaire ?

Les travaux qui ne sont pas des réparations locatives, la vétusté et la force majeure. Selon Service-public.fr, le propriétaire doit faire tous les travaux qui ne relèvent pas du locataire. Les dommages causés par la vétusté, c'est-à-dire l'usure normale d'un usage prolongé, sont à sa charge même lorsque la réparation figure sur la liste des réparations locatives. Un appareil hors d'usage, un conduit fissuré ou un tubage à refaire relèvent donc en principe du propriétaire, sauf si le dommage vient de la négligence du locataire ou d'un défaut d'entretien.

Pour distinguer la vétusté d'une dégradation, le locataire et le propriétaire peuvent convenir d'une grille de vétusté choisie parmi celles ayant fait l'objet d'un accord collectif. Elle fait varier le prix que le locataire paie pour les réparations locatives selon sa durée d'occupation.

Le locataire doit en outre souscrire une assurance habitation couvrant au moins les risques locatifs, dont l'incendie.

Comment fonctionne le chauffage collectif en copropriété ?

Pour les foyers et appareils collectifs, l'entretien et le ramonage sont effectués à l'initiative du propriétaire, du syndicat des copropriétaires ou, si une convention le prévoit, de l'exploitant de l'immeuble. Les occupants sont prévenus suffisamment à l'avance du passage des professionnels et prennent toutes les dispositions utiles pour permettre ces opérations (article R. 1331-21). Le ramonage des conduits collectifs est plus fréquent : au moins tous les 6 mois, dont un en période de chauffe, sauf cas particulier des appareils uniquement au gaz.

Côté charges, Service-public.fr renvoie à la liste du décret n° 87-713 du 26 août 1987 pour les dépenses récupérables sur le locataire. Un copropriétaire occupant qui dispose d'un appareil individuel reste, lui, dans le régime de l'occupant. Pour un conduit situé dans les parties communes, vérifiez le règlement de copropriété ou interrogez le syndic.

Que se passe-t-il si le locataire ne fait pas le ramonage ou l'entretien ?

Pour la chaudière, Service-public.fr indique que le bailleur peut retenir le coût de l'entretien sur le dépôt de garantie si le locataire ne présente pas d'attestation, et que l'assureur peut refuser d'indemniser un accident lié à une chaudière mal entretenue. Il précise que la réglementation ne prévoit pas d'amende. Pour le ramonage, le décret de 2023 ne chiffre pas de barème, mais l'attestation reste la preuve que le locataire a rempli son obligation. Voir certificat de ramonage et assurance.

Le bailleur a intérêt à demander les attestations chaque année et à les conserver au dossier. Le locataire a intérêt à les remettre spontanément à son départ.

Quelles clauses prévoir dans le bail ?

Le bailleur qui souhaite garder la main sur l'entretien peut prévoir dans le bail qu'il fait appel lui-même à un chauffagiste qualifié et qu'il prend en charge, en tout ou en partie, la dépense. Il peut aussi laisser la règle par défaut et se contenter d'exiger les attestations. Dans les deux cas, écrivez la clause clairement, en précisant les équipements concernés : chaudière, poêle, insert, pompe à chaleur.

Pour calculer ce qui vous incombe selon votre statut, utilisez l'outil des obligations de chauffage. Pour les échéances de la chaudière, voir le guide de l'entretien de chaudière obligatoire, et pour les tarifs, le prix d'un ramonage.

Questions fréquentes

Qui paie le ramonage dans un logement loué ?
Le locataire, par défaut. Service-public.fr indique qu'il doit faire ramoner les conduits d'évacuation des fumées et des gaz, qu'il s'agisse de la chaudière, de la cheminée ou de la ventilation. Le bail peut prévoir une autre répartition. En chauffage collectif, c'est le propriétaire ou le syndicat qui a l'initiative.
Le propriétaire peut-il imposer son propre chauffagiste ?
Oui, si le bail le prévoit. Service-public.fr précise que le bail peut stipuler que le bailleur fait appel à un chauffagiste qualifié de son choix. Sans cette clause, le locataire choisit lui-même un professionnel qualifié.
Que peut faire le bailleur si le locataire ne fait pas entretenir la chaudière ?
Si le locataire ne présente pas d'attestation d'entretien, le bailleur peut retenir le montant de l'entretien sur le dépôt de garantie, selon Service-public.fr. La réglementation ne prévoit pas d'amende pour l'absence d'entretien annuel d'une chaudière.
Qui paie le remplacement d'une chaudière en panne ?
Le propriétaire, lorsque la panne vient de la vétusté ou d'une défaillance qui n'est pas une petite réparation locative. Les dommages liés à la vétusté sont à sa charge, même si la réparation figure sur la liste des réparations locatives. Le locataire reste responsable de ce qui résulte de sa négligence ou d'un défaut d'entretien.
Et dans une copropriété avec chauffage collectif ?
L'entretien des appareils collectifs est effectué à l'initiative du propriétaire de l'immeuble ou du syndicat des copropriétaires. Les dépenses récupérables sur le locataire sont celles de la liste fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987, que le bailleur doit justifier lors de la régularisation des charges.

Sources officielles

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